Réponse courte. Charia signifie « le chemin ». C'est la guidance de Dieu pour vivre — surtout la prière, la charité, l'honnêteté, la famille et le caractère. Les punitions spectaculaires que les gens imaginent en sont un coin petit et fortement restreint, et les musulmans divergent sur la manière dont elles s'appliquent aujourd'hui.

D'où vient l'idée

Dans les gros titres, « la loi de la charia » apparaît presque toujours à côté d'une histoire de flagellation ou d'amputation, si bien que le mot en vient à représenter un unique code pénal brutal imposé à tous. Cette image omet presque tout ce qu'est réellement la charia.

« Le chemin à suivre »

Charia signifie littéralement un chemin — à l'origine le chemin vers l'eau, une source de vie. Dans le Coran, c'est la voie de vivre donnée par Dieu :

« Puis Nous t'avons mis sur la voie de l'Ordre [une religion claire et parfaite]. Suis-la donc et ne suis pas les passions de ceux qui ne savent pas. »

— Quran 45:18 (Muhammad Hamidullah)1

En pratique, l'écrasante majorité de la charia concerne le culte et la vie personnelle — comment prier, jeûner, donner l'aumône, se marier, élever des enfants, faire des affaires honnêtement et bien traiter autrui. C'est bien plus proche d'un guide pour une vie pieuse et éthique que d'un code pénal.243 Voir, par exemple, Les cinq piliers, Halal et haram et Éthique et caractère.

Non un code unique et fixe

La charia est la guidance divine ; le fiqh est l'effort humain pour la comprendre et l'appliquer. Parce qu'elle est interprétée, elle a produit plusieurs écoles de droit (madhhabs) qui diffèrent sur les détails — si bien que la « charia » n'a jamais été un unique code de règles uniforme.245 Les peines pénales fixes sur lesquelles les gens se concentrent sont une catégorie étroite, encadrée par des normes de preuve très exigeantes, et musulmans et savants divergent sur si et comment elles devraient être appliquées dans les États modernes.24

En résumé

La charia est le « chemin » d'une vie vécue vers Dieu — surtout le culte, l'éthique et la famille, non la punition. Elle est comprise à travers l'interprétation humaine, se décline en plus d'une école, et est débattue parmi les musulmans eux-mêmes. La réduire à ses peines les plus sévères confond une petite fraction contestée avec le tout.